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QUIET QUITTING

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’une nouvelle tendance, le « quiet quitting » dont le nom signifie « démission silencieuse ».

Entendons-nous bien, ce que j’appelle « tendance » est le fait que beaucoup de personnes emploient cette expression.

Car pour tout vous dire, je ne suis absolument pas d’accord avec ça.

Tout d’abord qu’appelle-t-on le quiet quitting ?

Selon le site monster.fr « le quiet quitting se résume à faire son job, ni plus ni moins, pour éviter d’être licencié. ».

Donc certains pensent que lorsque l’on a un emploi, on doit toujours en faire plus pour montrer son implication, son investissement, voire sa passion pour celui-ci.

Etc. etc. la liste peut être encore très longue.

Êtes-vous d’accord de faire tout cela pour montrer votre implication ?

Pourquoi je ne comprends pas cette « tendance »

Anecdote :

Lorsque je travaillais en restauration, j’avais des plages horaires parfois très longues. Certains jours, je travaillais de 9h à 20h (semaines de 41h sur contrat, donc acceptées par mes soins).

Lorsque je prenais à 9h, j’arrivais à 8h30. Je mettais en place ce qui avait besoin d’être mis en place (cela me prenait 10 minutes maximum) puis je m’asseyais, et prenais un café tranquillement avant que la journée ne commence. Mon patron de l’époque n’y voyait bien sûr aucune difficulté, nous prenions souvent le café ensemble les matins).

Je me rappelle d’un matin d’hiver, il avait neigé toute la nuit, les routes étaient très difficilement praticables, j’ai dû aller travailler à pied (dans la neige). Je suis arrivée à 9h pile. Il m’a « houspillée » dirons-nous, car j’étais en retard !

Cela faisait 3 ans que je travaillais là, j’avais toujours fait au moins 30 minutes de plus de travail par jour (plus souvent 1 heure), je n’avais jamais rien demandé en échange (je montrais certainement mon implication).

C’est ce jour là que je me suis rendu compte que, pour lui, le fait que j’arrive à 8h30 était un dû.

Avec mon caractère (très indépendant déjà à l’époque), je lui ai répondu que je comprenais et que j’attendais l’avenant à mon contrat de travail avec mes nouveaux horaires ainsi qu’un nouvel emploi du temps.

Mon patron étant tout de même très sympa, il s’est vite repris, a compris sa méprise immédiatement (mais j’ai arrêté de venir 30 minutes en avance).

Lorsque vous signez votre contrat de travail, celui-ci comporte des horaires, une fiche de poste avec les missions afférentes. Vous devez respecter cela, vous avez signé un accord avec votre employeur lors de la signature de ce contrat. Vous vous êtes tous deux engagés à respecter ces horaires et cette fiche de poste.

 

Donc pourquoi crier au quiet quitting, à la démission silencieuse, lorsque vous ne faites pas plus que ce pourquoi vous vous êtes engagé ?

Est-ce que vous démissionnez de vos fonctions parce que vous n’effectuez plus vos missions ? parce que vous faites moins d’heures que ce qui est prévu dans votre contrat ?

Non.

Vous refusez juste d’en faire davantage… pour la même rémunération et les mêmes avantages.

Si vous, employeur, souhaitez que votre salarié réalise plus de missions que celles prévues au départ, car vous voyez en lui un très bon élément, c’est possible. Discutez-en ensemble. Augmentez-le. Ou enlevez-lui certaines missions pour lui en rajouter d’autres (avec son accord).

Il n’y a pas de démission silencieuse quand ces personnes essaient juste de préserver leur vie personnelle, leur santé mentale.

Lorsqu’une personne accepte un CDI 35h pour un poste donné avec des missions établies préalablement, vous ne pouvez pas attendre d’elle qu’elle fasse au minimum 40h par semaine (heures supplémentaires non-rémunérées la plupart du temps, ou si elles le sont, elles ne sont pas forcément choisies par le salarié), et qu’elle fasse en plus des missions supplémentaires.

Sous prétexte de fournir un téléphone portable professionnel à un salarié, vous ne pouvez pas l’appeler pendant ses vacances ou ses jours de congés. Le droit à la déconnexion existe.

Vous ne pouvez pas demander à un salarié de réaliser une mission le vendredi à 18h pour le lundi matin 8h. Le droit à la déconnexion existe.

Il ne s’agit pas de démission silencieuse mais de préserver un équilibre vie pro vie perso. De demeurer assez en forme pour continuer à occuper ce poste. De ne pas tomber dans le burnout.

Si la loi limite le temps de travail des salariés, il y a une raison.

Que ferez-vous quand vos salariés seront épuisés de faire des heures supplémentaires, de ne pas prendre de pause, de travailler le week-end ? Quand leur corps dira stop ? Quand ils seront en arrêt maladie pour une durée indéterminée ?

Là, nous ne serons plus dans une démission silencieuse.

Donc arrêtons avec le « quiet quitting ». Si chacun effectue son travail, réalise ses tâches propres, tout peut très bien fonctionner.

Vous souhaitez mettre en place de bonnes pratiques dans votre entreprise ? Parlons-en ensemble.